Drones Aériens, La Révolution du XXème Siècle : 2ème partie : les drones de combat
(Source: Defense-Aerospace.com; posted Jan. 26, 2022)

By Capitaine Fracasse
Dassault Aviation has been unusually forthcoming about its Neuron UCAV demonstrator, flying it in public on several occasions, while BAE Systems simply announced that its own UCAV, Taranis, had flown on a secret base in Australia, and leaving it at that. (DA photo)
EDITOR’S NOTE: This is another of our occasional articles posted in the original language in which they are written, essentially to widen our readership but also to avoid inadvertent misrepresentations due to translation. An English translation follows below.)



PARIS --- Une première partie de notre analyse expliquait comment les Européens avaient raté la révolution des drones MALE. Leur explosion avait été favorisée par la nature des opérations militaires de ces vingt dernières années caractérisées par une menace aérienne souvent inexistante.

Avec la résurgence des États-puissance, la perspective d’une guerre de haute intensité est de retour. Modernisation des aviations de chasse et des systèmes de défense sol-air est à l’ordre du jour. La supériorité aérienne est la condition de la liberté d’action des forces terrestres et navales. Dans un tel contexte, elle n’est plus acquise et cela change tout à la guerre. Les drones MALE se retrouvent disqualifiés dans ce type de conflits.

Mais une seconde révolution a débuté au début des années 2000. C’est celle des drones de combat, une catégorie bien plus ambitieuse de drones pour lesquels l’intelligence artificielle (IA) va jouer un rôle essentiel : elle va leur donner l’indispensable autonomie dont ils ont besoin pour s’affranchir des contraintes du « pilotage à distance ». Les nouveaux maîtres mots seront l’autonomie et la furtivité.

Les drones MALE/RPAS, moto-planeurs lents, détectables et vulnérables, pilotés en permanence à distance, ne dépendent pas de l’IA. Les drones de combat, les UCAS/UCAV (Unmanned Combat Air System/Vehicle) sont, quant à eux, de véritables avions de combat rapides, capables de remplir des missions variées, de pénétrer les défenses ennemies grâce à leur furtivité ou de ravitailler en vol. Programmés avant la mission, plus que pilotés à distance en permanence, ils peuvent agir de manière semi-autonome, voire autonome, grâce à l’apport de l’IA, pour leurs trajectoires de vol, le travail des capteurs voire le choix des objectifs.

Dans ce domaine, à la différence des drones MALE, les Européens ont investi depuis 15 ans. C’est en particulier le cas de la France avec le programme Neuron et du Royaume-Uni avec le Taranis. Pour ces deux pays, comme pour la plupart des grandes puissances, les années 2010 seront le temps des démonstrateurs. Celui qui précèdent le temps des prototypes.

Le Neuron, un programme exemplaire de démonstrateur de drone de combat

Pour la France ce sera le Neuron. De la taille d’un Mirage 2000, le Neuron est un démonstrateur de technologies de drone de combat (UCAS ou UCAV), lancé par la ministre de la défense française, Michèle Alliot-Marie, lors du Salon du Bourget 2003. Un programme en coopération européenne dans lequel la France sera leader, la DGA maître d’ouvrage et Dassault Aviation maître d’œuvre.

En février 2006, la DGA notifie un contrat de 405 M€. La France finance 180 M€ (45%), l’Italie et la Suède 75 M€ chacun, la Suisse et la Grèce 25 M€. Un programme de six pays européens conduit pour la première fois en « plateau numérique ». Il va se dérouler de façon nominale avec un 1er vol en janvier 2012 à Istres et un 1er vol en configuration furtive/VLO (very low observability) en octobre 2014. Plus d’une centaine de vols sont effectués en France, en Italie et en Suède.

Tous les objectifs du programme sont tenus : calendrier, performances, technologies et coûts.

Le Neuron est un grand succès pour la France et ses partenaires: avec un investissement très inférieur à celui des États-Unis, des technologies clés d’un drone de combat sont validées : VLO, vol automatique, commandes de vol, soute armement, capteurs « flush »....

Le Neuron permet à la France d’appartenir au club très fermé des pays qui maîtrisent la technologie de la furtivité du XXIème siècle. Une technologie indispensable aux avions de combat de demain, pilotés ou non-pilotés. Après dix années d‘activité, le Neuron termine sa vie en effectuant des vols dans un cadre franco-français pour continuer à valider des technologies utiles à l’aviation de combat de demain.

Le Neuron c’est aussi une coopération exemplaire entre six pays européens dont Dassault Aviation aurait voulu qu’elle serve de modèle au projet SCAF franco-allemand : un seul maître d’œuvre qui détient les compétences requises. Mais ce n’est pas ce modèle qui sera retenu et le SCAF a le plus grand mal à progresser.

Taranis, le Dieu du ciel et du tonnerre britannique.

Dans le même temps les Britanniques lancent le programme Taranis, un autre démonstrateur de drone de combat qui va naître en 2005 avec la Defense Indutrial Strategy. Il a une taille et une forme proche de celle du Neuron. Le coût de ce programme est inférieur à celui de son concurrent européen. Il s’élève à seulement 185 millions de livres (222 M€).

Sous maitrise d’ouvrage du Ministry of Defense, il associe BAE Systems, le maître d’œuvre, Rolls Royce, QinetiQ et General Electric. Le Taranis est présenté en 2010. Mais il faudra attendre le 5 février 2014 pour que BAE annonce que son 1er vol a eu lieu en Australie, le 10 août 2013.

A la différence du Neuron, très peu d’informations sur le Taranis sont disponibles. Le fait que les vols se sont déroulés dans un désert australien fait planer des doutes sur son niveau de sécurité. A titre de comparaison, en 2016, le Neuron, accompagné d’un Rafale et d’un Falcon, a effectué un « défilé aérien » sur la base d’Istres en présence de dizaines de milliers de personne à l’occasion du meeting aérien des 100 ans de Dassault Aviation. Avec le Neuron, performances et sécurité ont été au rendez-vous. Pour le Taranis, cela reste l’inconnu.

FCAS : la lune de miel de la coopération franco-britannique

Le sujet des drones de combat va prendre un nouvel élan en Europe avec le rapprochement politique entre la France et le Royaume-Uni au début des années 2000. Celui-ci concerne en particulier le domaine de la défense pour deux pays qui possèdent de nombreux points communs : des armes nucléaires, des armées de tout premier plan et une industrie de défense souveraine et compétitive.

La relation est au beau fixe 12 ans après les accords de Saint Malo qui ont donné un coup de fouet à l’Europe de la défense dans la foulée de la faiblesse militaire des Européens dans la crise des Balkans. Le 2 novembre 2010, le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre David Cameron signent les Accords de Lancaster House. Un premier traité concerne le développement des armes nucléaires. Un second porte sur la coopération opérationnelle entre les forces armées et les industries d’armement.

Les deux pays s’entendent pour lancer un programme de drone de combat commun. Ce sera le projet FCAS pour Future Combat Air System. Pourquoi un drone de combat et pas un nouveau chasseur ? L’explication est simple : les Britanniques ont choisi le programme F-35 pour la RAF et la France peine à vendre le Rafale. Pour Dassault Aviation et BAE Systems, les deux principaux maîtres d’œuvre en Europe, un nouvel avion de combat n’est alors pas envisageable. Ils ont pourtant besoin d’un projet structurant pour maintenir les compétences de leurs bureaux d’études, condition de leur pérennité. Sur la base du démonstrateur Neuron pour l’un et Taranis pour l’autre, la coopération portera donc sur un drone de combat dont aucun prototype opérationnel n’existe encore dans le monde.

Bon gré mal gré, les opérationnels des deux pays valident le besoin opérationnel. Mais pour l’armée de l’air et la RAF, le besoin n’est pas évident car elles ont des capacités plus prioritaires à satisfaire, et le retour de la guerre de haute intensité n’est pas encore une préoccupation. Le temps des industriels n’est souvent pas celui des militaires.

Après une déclaration d’intention signée en janvier 2014, une coopération industrielle et opérationnelle est lancée. Une cérémonie se tient le 5 novembre 2014 au siège de Dassault Aviation à Saint Cloud pour le lancement d’une « étude de faisabilité ». Les deux États allouent 150M€ qui sont répartis entre six industriels, trois par pays, pour une durée d’études de deux ans : Dassault Aviation et BAE Systems ont la responsabilité de la conception générale du drone, Rolls Royce et Safran celle du moteur, Thales et Selex ES s’occuperont des capteurs, de la GE et des communications.

En mars 2016, lors du Sommet d’Amiens, la France et le Royaume-Uni décident d’investir «plus de deux milliards » dans un démonstrateur qui doit voler en 2025. Le communiqué évoque un programme « qui pourrait servir de base à une future capacité opérationnelle en 2030 ».

Les industriels sont satisfaits, ils pourront sauver leurs bureaux d’études. La France et le Royaume-Uni aussi. Les deux pays conservent ainsi leur capacité à concevoir un nouvel avion de combat, le moment venu.

On ne peut pas réécrire l’Histoire. Mais, si un bouleversement politique considérable n’avait pas eu lieu à ce moment-là, le premier drone de combat furtif opérationnel au monde aurait été européen.

Le FCAS est mort, vive le SCAF

Contre toute attente, un double tsunami politique va se produire.

C’est d’abord le Brexit. Le 23 juin 2016, les Britanniques votent pour une sortie de l’UE. Le Brexit va donner un coup d’arrêt au FCAS franco-britannique.

C’est ensuite l’élection d’Emmanuel Macron, le 14 mai 2017. Le nouveau président français décide de privilégier la coopération militaire entre la France et l’Allemagne au détriment des «Brexiter ». Il serait d’ailleurs intéressant de savoir comment les choses auraient évolué si le Brexit n’avait pas eu lieu. Il a vraisemblablement facilité le « changement de portage » qui va arriver.

Le 13 juillet 2017 se tient un conseil de défense et de sécurité franco-allemand fondateur qui entérine le lancement d’un programme bilatéral qui va rapidement porter lui aussi porter le nom de FCAS/SCAF. Cette fois-ci, la coopération ne porte plus sur un « UCAV » mais d’un chasseur piloté accompagné de drones dit d’accompagnement (Remote carrier/RC), le tout dans un « Combat Cloud ». Ce sont les Allemands qui sont à la manœuvre pour des raisons d’abord industrielles : ils ont besoin de la France pour remonter en gamme industrielle dans le domaine stratégique et de haute technologie des avions de combat.

Malgré l’effort de la France qui se heurte à une fin de non-recevoir britannique, le sommet franco-britannique de janvier 2018 met le « FCAS UCAS » en sommeil, situation dans laquelle il se trouve toujours. Exit les deux milliards d’euros et le démonstrateur en 2025.

Tout est à refaire pour Dassault Aviation et cette fois-ci avec les Allemands et Airbus qui sont aussi des concurrents du Rafale à l’export avec l’Eurofighter. Mais le projet est plus ambitieux que le précédent et ce sont les États qui financent le développement des capacités militaires.


(A suivre)

(ends)
Unmanned Aircraft: the 21st Century’s Revolution Part 2: combat drones
(Source: Special to Defense-Aerospace.com; posted Jan. 26, 2022)
By Capitaine Fracasse
In the previous instalment, we explained how the Europeans had missed the MALE drone revolution, whose explosion was favored by the fact that military operations of the past twenty years often did not face an aerial opposition.

With the resurgence of great power competition, the prospect of high-intensity warfare is back. Modernization of fighter aircraft and ground-to-air defense systems is on the agenda. Air superiority is the condition of the freedom of action of land and naval forces, and in this new context it is no longer a given – and that changes everything in war. MALE drones find themselves disqualified in this type of conflict.

But a second revolution began in the early 2000s. It is that of combat drones, a much more ambitious category of unmanned aircraft in which artificial intelligence (AI) will play an essential role: it will give them the essential autonomy they need to free themselves from the constraints of "remote control". The new keywords are autonomy and stealth.

MALE/RPAS drones, essentially slow, detectable and vulnerable motor-gliders, permanently remotely piloted, do not depend on AI. Combat drones, UCAS/UCAV (Unmanned Combat Air System/Vehicle) are very fast combat aircraft, capable of carrying out a variety of missions, from penetrating enemy air defenses thanks to their stealth to in-flight refueling.

Programmed before take-off, rather than remotely piloted, they can act semi-autonomously, or even autonomously, thanks to the contribution of AI, to determine their flight paths, to manage their sensors or even to select their targets.

In this field, unlike what happened for MALE drones, Europeans have been investing for 15 years. This is particularly the case in France with the Neuron program and in the United Kingdom with the Taranis. For these two countries, as for most of the major powers, the 2010s were the age for demonstrators, which comes before the age of prototypes.

The Neuron, an exemplary combat drone demonstrator program

For France, it was the Neuron. The size of a Mirage 2000, the Neuron is a combat drone technology demonstrator (UCAS or UCAV), officially launched by French Defense Minister Michèle Alliot-Marie during the 2003 Paris Air Show. Neuron was structured as a European cooperative effort in which France took the lead, DGA was the contracting authority and Dassault Aviation the prime contractor.

In February 2006, the DGA awarded a contract worth €405 million for the program. France contributed €180m (45%), Italy and Sweden €75 million each, and Switzerland and Greece €25 million each.

For the first time, a program grouping six European countries was carried out using “digital platform”. It was implemented on a nominal basis, with a first flight in January 2012 at Istres and a first flight in stealth/VLO (very low observability) configuration in October 2014. Over one hundred flights were carried out in France, Italy and Sweden, and all program objectives are met: schedule, performance, technologies and costs.

The Neuron was a great success for France and its partners: with a much lower investment than that of the United States, key technologies for a combat drone were validated: VLO, automatic flight, flight controls, weapons bay, flush-fitted sensors.... Neuron allowed France to join the very select club of countries that have mastered the technology of 21st century stealth. This is an essential technology for future combat aircraft, manned or unmanned.

After 10 years of activity, Neuron ended its life by carrying out flights for French programs, continuing to validate technologies that are useful for the combat aviation of tomorrow.

The Neuron is also an exemplary cooperation program between six European countries which Dassault Aviation would have liked to serve as a model for the Franco-German SCAF project: a single prime contractor who has the required know-how and skills. But this is not the model that was selected, and today SCAF is showing precious little progress.

Taranis, the British god of sky and thunder.

At the same time, the British launched the Taranis program, another combat drone demonstrator which was born in 2005 with Britain’s Defense Industrial Strategy. Its size and shape are close to that of the Neuron, but its cost is lower than that of its European competitor, as it amounts to only 185 million pounds (222 M€), or half as much s Neuron.

Under the supervision of the Ministry of Defense, Taranis was developed by BAE Systems, the prime contractor, along with Rolls Royce, QinetiQ and General Electric.

The Taranis was presented in 2010. But it was not until February 5, 2014 that BAE Systems announced that its first flight had taken place in Australia six months earlier, on August 10, 2013.

Unlike Neuron, very little information on the Taranis is available. The fact that the flights took place in an Australian desert raises doubts about its level of safety. By way of comparison, in 2016, the Neuron, accompanied by a Rafale and a Falcon, carried out an "air parade" over the Istres base in the presence of tens of thousands of people during the air meeting. 100 years of Dassault Aviation. With the Neuron, performance and safety have been met; for Taranis, they remain unknown.

FCAS: the honeymoon of Franco-British cooperation

The subject of combat drones took on new impetus in Europe with the political rapprochement between France and the United Kingdom in the early 2000s. This concerns in particular the field of defense for two countries which have many points common ground: nuclear weapons, world-class armed forces and a sovereign and competitive defense industry.

The relationship was in good shape, 12 years after the Saint Malo Agreements which gave a boost to European defense in the wake of the military weakness Europeans had displayed during the Balkan crisis. On November 2, 2010, President Nicolas Sarkozy and Prime Minister David Cameron signed the Lancaster House Agreements. A first treaty concerns the development of nuclear weapons. A second concerns operational cooperation between the armed forces and the arms industries.

The two countries also agreed to launch a joint combat drone program, called Future Combat Air System (FCAS). Why a combat drone and not a new fighter? The explanation is simple: the British chose the F-35 fighter for the Royal Air Force, and France was struggling to export the Rafale.

For Dassault Aviation and BAE Systems, the two largest prime contractors in Europe, a new combat aircraft was therefore not an option. However, they needed a structuring project to maintain the skills of their design bureaus, a basic condition for their sustainability.

Based on the Neuron demonstrator for one and Taranis for the other, cooperation will therefore focus on a combat drone of which no operational prototype yet existed in the world. Willy-nilly, the operational staff of the two countries validated the operational requirement. But for the French Air Force and the RAF, the operational need was not obvious, as they had higher priority capabilities to satisfy, and the return to high-intensity warfare was not yet a concern. The timeline of industry is often not the same as of the military.

After a declaration of intent signed in January 2014, industrial and operational cooperation was launched. A ceremony was held on November 5, 2014 at the Dassault Aviation headquarters in Saint Cloud for the launch of a “feasibility study”. The two States agreed to allocate €150 million, is divided between six manufacturers, three per country, for a two-year study period: Dassault Aviation and BAE Systems are responsible for the general design of the drone, Rolls Royce and Safran that of its engine, while Thales and Selex ES will handle sensors, EW and communications.

In March 2016, during the Amiens Summit, France and the United Kingdom decided to invest "more than two billion" euros in a demonstrator that was to fly in 2025. The press release mentions a program "which could serve as the basis for a future operational capability in 2030”. The manufacturers were satisfied, they would be able to save their design bureaus, as were France and the UK, as both two countries would thus retain their ability to design a new combat aircraft when the time came.

You cannot rewrite history. But, if a considerable political upheaval had not taken place at that time, the world's first operational stealth combat drone would have been European.

The FCAS is dead, long live the SCAF

Against all expectations, a double political tsunami happened.

First came Brexit. On June 23, 2016, the British voted to leave the European Union. Brexit put a stop to the Franco-British FCAS.

Then came the election of Emmanuel Macron on May 14, 2017. The new French president decided to favor military cooperation between France and Germany to the detriment of the “Brexiters”. It would be interesting to know how things would have evolved if Brexit had not taken place, as it presumably facilitated the “portage change” that was to come.

On July 13, 2017, a Franco-German defense and security council endorsed the launch of a bilateral program which would soon also bear the name of FCAS/SCAF. This time, the cooperation no longer concerned a “UCAV” but a manned fighter, accompanied by so-called support drones (Remote carrier/RC), all in a “Combat Cloud”.

The Germans were on the move, primarily for industrial reasons: they need France to help them move up the industrial scale in the strategic and high-tech field of combat aircraft.

Despite French efforts, the British refused to proceed, and the Franco-British summit of January 2018 put the "FCAS UCAS" on hold, a situation which has not changed in three years. So, exit the two billion euros and the demonstrator by 2025.

It was back to the drawing board for Dassault Aviation, and this time with the Germans and Airbus whose Eurofighter is a direct competitor of Rafale on export markets. But the project is more ambitious than the previous one, and the two governments are financing the development of military capabilities.


(To be continued)

-ends-

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