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French Aerospace Supply Chain: Small Players, Big Moves?
(Source: Special to Defense-Aerospace.com; posted Oct. 29, 2021)

(By Collectif Lepante)
EDITOR’S NOTE: This is the first in a new series of occasional articles posted in the original language in which they are written, essentially to widen our readership but also avoiding any inadvertent misrepresentations due to translation. An English translation is posted lower.



PARIS --- Hard-hit by the Covid-19 crisis, and still on life-support through governmental subsides and state orders, the French aerospace supply chain is not immune from Mergers & Acquisitions (M&A) moves, especially at the Tier 2-3 supplier level.

Au-delà des opérations récentes les plus significatives par leur taille comme par l’intérêt public et politique porté, la restructuration et la consolidation des chaines de sous-traitance dans l’aéronautique et dans la défense s’accélèrent depuis le début de l’année, à la fois pour des questions conjoncturelles (sortie de crise) et structurelles (compétitivité mondiale).

En six mois, plusieurs mouvements ont été observés. Tout récemment, l’ETI Ametra, ingénieriste intégrateur, acquiert la PME Styrel, spécialisée dans les domaines de l'instrumentation, du banc de test, de l'acquisition de données et de l'informatique industrielle et embarquée.

Dans le domaine des lasers et de l’optronique, Lumibird acquiert une partie du capital de Cilas. Le fabricant de pièces de structures et de moteurs d’avions Mecachrome rachéte la PME Hitim, fabricante d’axes de trains d’atterrissage et d’arbres de moteurs d’avions.

L’industriel de l’optique de précision Fichou est racheté par le groupe HEF, spécialiste de l’ingénierie des surfaces. SDTS et SECAERO fusionnent pour former Ares, entité assurant des prestations d’entrainement aérien, de maintenance et de production d’équipements optroniques. iXblue, spécialiste des systèmes de navigation, de la photonique et du spatial, a acquis coup sur coup Kylia (composants et instruments optiques) et Muquans (instruments quantiques intégrés).

Si à l’étranger les opérations de restructuration et de rapprochement sont d’une taille significative (intérêts portés par Fincantieri pour Oto Melara, participations acquises par Leonardo au capital d’Hensoldt, acquisition d’Ultra Electronics par Cobham, de FLIR Systems par Teledyne, de Meggitt par Parker-Hannfin…), la restructuration en France se fait à des niveaux moindres, se concentrant sur les acteurs de rang 2 ou 3. En revanche, les grands équilibres aux niveaux supérieurs ne se trouvent pour le moment pas impactés, que ce soit en France ou à l’échelon européen.

En effet, bien que régulièrement présentés comme à la recherche d’acquisitions, les acteurs majeurs (Thales, Safran, Naval Group, Airbus, Dassault Aviation…) n’ont pour le moment pas encore lancé d’opérations significatives de croissance externe, préférant les opérations de restructuration interne (avec Airbus Atlantic, par exemple, autour de certains établissements de l’avionneur et sa filiale Stelia Aerospace).

Enfin, le mouvement est marqué par un fort tropisme national, avec peu d’opérations, pour les acteurs français, hors de l’Hexagone, en dehors du cas de Latècorère avec l’achat du concepteur belge de pièces mécaniques Technical Airborne Components (TAC).

Parallèlement, certains fonds d’investissements jouent un rôle pivot dans ces mouvements, à l’image d’ACE Capital Partners (Tikehau Capital) ou de HLD. Le premier a ainsi participé à l’augmentation du capital de Figeac Aero, par exemple, quand le second s’est récemment distingué avec le rachat remarqué du spécialiste de la vision nocturne Photonis, ou l’achat de Microwave Vision Group (MVG), dans le domaine de la visualisation d'ondes électromagnétiques.

Parfois, comme au sein de Rafaut, les deux acteurs sont présents ensemble au capital, et accompagnent l’entité présente sur le marché des systèmes d’emport et d’éjection, pour l’acquisition de Secapem, d’Alkan (systèmes d'emport et d'éjection) ou de Lace (délesteurs multirôles pour le segment des hélicoptères)

Les raisons de ces mouvements sont relativement diverses entre internationalisation (loin d’être la priorité actuellement), diversification et pénétration de nouveaux marchés (civils et militaires, aéronautique, défense, transports, nucléaire…), complément horizontal de l’offre, acquisition de compétences techniques manquantes pour participer à des marchés plus complexes, etc. Globalement, des mouvements visant à atteindre une moindre spécialisation qui pourrait permettre à l’avenir de mieux faire face à de possibles crises ou retournement de tendances.

En l’état, les grands donneurs d’ordres n’ont pas fait part de leurs réticences à ces rapprochements, alors que leurs capacités de négociations, en faisant jouer la concurrence, devraient se trouver réduites, avec un nombre plus limité d’acteurs.

La solidité de tous les maillons de la chaine de sous-traitance, mise à rude épreuve par la crise du Covid et littéralement sauvée, pour certaines entreprises, par les mesures gouvernementales (que ce soit face aux liquidations et redressements ou face aux prédations étrangères), est globalement perçue comme plus importante que la diversité des fournisseurs. La perte d’un maillon peut-être particulièrement grave pour la conduite d’un grand programme. Ainsi, la consolidation attendue et souhaitée déjà bien avant la crise par certains est encore plus d'actualité.

Les grands projets à venir (militaires et civils, du système de combat aérien du futur - SCAF aux efforts de décarbonisation par exemple via les initiatives concernant les avions à hydrogène) obligent à une chaine rationnalisée pour un suivi facilité de l’effort d’investissement devant se faire à tous les échelons de la chaine de sous-traitance.

Le mouvement n’est sans doute pas terminé. Ainsi, il est rapporté que les équipementiers comme Mecachrome, WeAre Group (un des pionniers du mouvement de consolidation dans le domaine des pièces d'usinage, des sous-ensembles de petite et moyenne dimension et la fabrication additive), Nexteam (dans l’usinage et le traitement de surface des aérostructures et les moteurs, qui a d’ores et déjà fusionné avec Ventana, opérant dans la chaudronnerie et la fonderie des pièces de moteurs), Figeac Aero ou Lauak engagent des discussions, pour le moment non abouties, soit de fusion, soit de rapprochement.

Afin de viser une consolidation autour de deux ou trois ensembles (entre 500 millions et 1 milliard d’euros de chiffres d’affaires annuels), plutôt que l’éparpillement connu jusqu’alors.

Enfin, une fois que les prêts garantis par l’Etat (PGE) seront pleinement remboursés, dès maintenant pour certaines entreprises les plus importantes mais surtout à partir du printemps 2022, le mouvement pourrait s’accélérer. En parallèle du redressement de l’activité avec la reprise des livraisons et la hausse des cadences, le retour à une trésorerie non marquée par le sceau d’un PGE est un signe encourageant pour tout investisseur potentiel. D’autant plus que les PGE, parfois demandés par sureté, peuvent avoir été contractualisés dans certains cas avec des clauses particulières contraignantes en termes d’accord des prêteurs pour des mouvements de consolidation (en cessions comme en acquisitions).

Avec le faible nombre de défaillances finalement observées pour le moment, des trésoreries qui pour certaines autorisent des projets d’investissement (levant les craintes de dirigeants de vendre leurs entreprises avec une faible valorisation), et des acteurs financiers (fonds d’investissement notamment) prêts à investir dans le secteur, les opérations de consolidation pourraient se poursuivre, voire s’accélérer. Avec un effet domino garanti dans l’écosystème.

(ends)
English Translation: French Aerospace Supply Chain: Small Players, Big Moves?
(Source: Special to Defense News; posted Oct. 29, 2021)
(By Collectif Lepante)
PARIS --- Beyond the most significant recent operations in terms of size, as well as the public and political interest, the pace of restructuring and consolidation of the aerospace and defense supply chains has been picking up speed since the beginning of the year, due to both economic (end of the crisis) and structural (global competitiveness) factors.

In just six months, several developments were observed. Very recently, ETI Ametra, an integrator engineer, acquired SME Styrel, specializing in the fields of instrumentation, test bench, data acquisition and industrial and embedded computing.

In the field of lasers and optronics, Lumibird bought into the capital of Cilas. Aircraft engine and structural parts maker Mecachrome acquired SME Hitim, manufacturer of landing gear axles and aircraft engine shafts. Precision optics manufacturer Fichou was acquired by the HEF group, which specializes in surface engineering. SDTS and SECAERO merged to form Ares, an entity providing air training, maintenance and optronic equipment production services. iXblue, a specialist in navigation systems, photonics and space, has acquired in quick succession Kylia (optical components and instruments) and Muquans (integrated quantum instruments).

While the restructuring and merger operations abroad are of a significant size (interests carried by Fincantieri for Oto Melara, stakes acquired by Leonardo in the capital of Hensoldt, acquisition of Ultra Electronics by Cobham, of FLIR Systems by Teledyne, from Meggitt by Parker-Hannfin, etc.), restructuring in France is being carried out at lower levels, focusing on tier 2 or 3 players. On the other hand, the major balances at higher levels are not currently impacted, whether in France or at European level.

Indeed, although regularly described as looking for acquisitions, the major players (Thales, Safran, Naval Group, Airbus, Dassault Aviation, etc.) have not yet launched any significant external growth operations, preferring internal restructuring operations (with Airbus Atlantic, for example, around certain establishments of the aircraft manufacturer and its subsidiary Stelia Aerospace).

Finally, the movement is marked by a strong national tropism, with few operations, for French players outside France, apart from the case of Latècorère with the purchase of the Belgian designer of mechanical parts Technical Airborne Components (TAC).

At the same time, certain investment funds play a pivotal role in these movements, such as ACE Capital Partners (Tikehau Capital) or HLD. The former thus participated in the capital increase of Figeac Aero, for example when the latter recently distinguished itself with the remarkable takeover of the night vision specialist Photonis, or the purchase of Microwave Vision Group (MVG), in the field of visualization of electromagnetic waves. Sometimes, as within Rafaut, the two players are present together in the capital, and support the entity present on the market of loading and ejection systems, for the acquisition of Secapem, Alkan (weapon carriage and ejection) or Lace (helicopter segment)

The reasons for these movements are relatively diverse, ranging from internationalization (far from being the current priority), diversification and penetration of new markets (civil and military, aeronautics, defense, transport, nuclear, etc.), horizontal complement to the offer, acquisition of missing technical skills to participate in more complex markets, etc.

Overall, movements aimed at achieving less specialization could allow the future to better cope with possible crises or reversals of trends.

As things stands, the major contractors have not expressed their reluctance to these mergers, while their negotiating capacities, by bringing competition into play, should be reduced, with a more limited number of players. The solidity of all the links in the subcontracting chain, put to the test by the Covid crisis and literally saved, for some companies, by government measures (whether in the face of liquidations and recoveries or in the face of foreign predations), is generally perceived as more important than the diversity of suppliers.

The loss of a link can be particularly serious in the conduct of a major program. Thus, the consolidation expected and desired already long before the crisis by some is even more topical.

The major projects to come (military and civilians, from the air combat system of the future - SCAF to decarbonization efforts, for example via initiatives concerning hydrogen planes) require a streamlined chain for easier monitoring of the investment effort to be done at all levels of the subcontracting chain.

The movement is probably not over. Thus, it is reported that OEMs like Mecachrome, WeAre Group (one of the pioneers of the consolidation movement in the field of machining parts, small and medium-sized sub-assemblies and additive manufacturing), Nexteam (in the machining and surface treatment of aerostructures and engines, which has already merged with Ventana, operating in boilermaking and foundry of engine parts), Figeac Aero or Lauak initiate discussions, for the moment unfinished, either merger or merger. In order to aim for a consolidation around two or three sets (between 500 million and 1 billion euros of annual turnover), rather than the scattering known until then.

Finally, once the State Guaranteed Loans (known in France as Prêts Garantis par l’Etat), or PGE) are fully repaid, now for some of the most important companies but especially from the spring of 2022, the movement could accelerate. In parallel with the recovery in activity with the resumption of deliveries and the increase in production rates, a return to cash flow that is not marked by the seal of an PGE is an encouraging sign for any potential investor.

All the more so as the PGEs, sometimes requested as a precaution, may have been contractualized in certain cases with specific binding clauses in terms of the agreement of lenders for consolidation movements (in disposals as well as in acquisitions).

With the low number of failures finally observed for the moment, treasuries which for some authorize investment projects (removing the fears of managers to sell their companies with a low valuation), and financial actors (investment funds in particular) ready to invest in the sector, consolidation operations could continue or even accelerate....with a guaranteed domino effect in the ecosystem.

-ends-

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