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Opinion: Le Tigre Standard 3
(Source: Special to Defense-Aerospace.com; posted Nov. 05, 2021)

By Prieur
The Mark 3 upgrade package for the Tigre attack helicopter was launched on Sept. 26, 2018 with a feasibility study contract awarded to Airbus, Thales and MBDA by OCCAR on behalf of France, Germany and Spain, the third and junior partner. (French Army photo)
EDITOR’S NOTE: This is the second in a new series of occasional articles posted in their authors’ original language, essentially to widen our readership but also avoiding any inadvertent misrepresentations due to translation. An English translation is posted lower.



PARIS --- Le programme d’hélicoptère Tigre n'est pas le premier programme d’armement en coopération franco-allemande à encourir les conséquences de l'attitude de l’Allemagne. Il s'ajoute à une liste qui comprend le MGCS (Main Ground Combat System), qui doit remplacer les Leopard 2 et Leclerc comme engin blindé de combat lourd, le SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) qui prévoit la mise en service en 2040 d'un nouvel avion de combat avec des effecteurs déportés, l’aviation de patrouille maritime où la perspective du remplacement des Orion allemands et des Atlantique 2 français n’a pas motivé l'Allemagne autrement que pour l'achat de 5 avions P-8 américains (solution bien sur transitoire veut-on nous faire croire, mais une transition à €800 millions l’unité ne peur que durer).

Que se passe-t-il sur le Tigre ? L'Allemagne ne veut pas souscrire à la réalisation du Standard 3 de cet hélicoptère, pourtant objet d'une coopération ancienne puisqu’elle remonte à 1975.

Le Tigre est une machine remarquable, disposant de de moyens modernes et efficaces (viseur optronique, viseur de casque…), d’armements performants (canon de 30mm, roquettes, missiles antichars – Hellfire côté français – et missile air-air Mistral. Les versions françaises de cet hélicoptère sont « combat proven » (en Afghanistan comme au Sahel), contrairement aux versions allemandes.

Le Tigre Standard 3 prévoit le remplacement du missile Mistral par un nouveau missile, l'adoption du missile de Haut de Trame développé à partir du missile terrestre moyenne portée (MMP), et les moyens permettant son intégration dans le système d'information du combat Scorpion - SICS - qui est l'outil numérique des capacités de combat de contact de l’Armée de Terre.

En somme il s'agit de moderniser un appareil qui a fait ses preuves pour le doter d'armements modernes et des capacités d'intégration dans le système global de l'Armée de Terre, qui doit évoluer pour s'adapter aux combats de forte intensité maintenant anticipés par le chef d'Etat-Major des Armées.

Mais cette modernisation n'intéresse pas l'Allemagne, apparemment au motif que la disponibilité des Tigre allemands est mauvaise et qu'il est donc inutile de les moderniser.

Il est vrai que la disponibilité des Tigre allemands est très sensiblement inférieure à celle des aéronefs français. Mais ce qui est certain, vu du côté français, c'est que si la disponibilité du Tigre n’a pas été pleinement satisfaisante, elle s'améliore sensiblement, et surtout le Tigre est un outil indispensable au Sahel.

Et l’on en revient à une considération répétitive pour ce qui concerne la coopération d’armement franco-allemande : les armées françaises emploient opérationnellement, sur le terrain, leurs équipements contrairement aux armées allemandes, d’où des différences majeures d’appréciation du besoin opérationnel et dans le soutien des matériels. Et les rumeurs qui circulent faisant état de demande d'information de l'Allemagne sur l'Apache américain montrent que la Bundeswehr, au lieu de s'attaquer au problème de la disponibilité, préférerait se débarrasser de son problème d’organisation du soutien en s'en remettant une fois de plus à l’acquisition d’un équipement américain, dont le coût à l'heure de vol est très élevé, et dont l’emploi sur le terrain s’avérera certainement être subordonné à des dispositions ou des règles américaines.

Est-ce là le moyen de renforcer une Europe de la défense, ou même de renforcer le pilier européen dans l’OTAN ? Manifestement les visions française et allemande en la matière ne convergent pas.

La décision allemande de ne pas participer au Standard 3 du Tigre aura des conséquences importantes pour l’armée de Terre française : les coûts de développement n'étant plus partagés, le nombre de Tigre pouvant être modernisés diminuera, à enveloppe budgétaire constante ; et l’on sait qu’il est impossible de trouver des marges de manoeuvre dans une loi de programmation contrainte, malgré l’augmentation des dotations annuelles. Cela implique que la valeur opérationnelle du parc français de Tigre diminuera. Pour reprendre une terminologie en cour au ministère des Armées, encore une réduction « temporaire » de capacité…

Il est probable que la position allemande repose, au-delà de la question de la disponibilité du Tigre en Allemagne, sur le fait que le Tigre Standard 3 n'est pas d'un grand apport en termes de compétence pour l'industrie allemande.

Il est certain que le probable retrait de l'Allemagne du Tigre Standard 3 – on ne voit pas la future coalition gouvernementale revenir sur ce point - doit nous inciter, si besoin était, à réfléchir aux conditions de coopération en matière d’armement d’une manière générale, et en particulier sur les programmes MGCS ou SCAF : il est clair qu’il n'y aura pas de garantie de la part de l’Allemagne quant à sa participation dans la durée, aux standards successifs qui marquent la vie d'un système d’armes aéroporté ou terrestre complexe.

Or, sans évolution, un système d'arme peut être très vite déclassé. Cela s'ajoute aux autres considérations qui doivent nous amener à reconsidérer les programmes SCAF et MGCS et la manière de les conduire ; nous y reviendrons.

(ends)

Op-Ed: The Tiger Mark 3
(Source: Special to Defense-Aerospace.com; posted Nov. 05, 2021)
By Prieur
PARIS --- The Tiger helicopter program is not the first Franco-German cooperative weapon program to suffer the consequences of Germany’s attitude. It follows a list which already includes the MGCS (Main Ground Combat System), which should replace the Leopard 2 and Leclerc as heavy armored combat vehicle, the SCAF (French acronym for the future combat air system) which provides for the service introduction in about 2040 of a new combat aircraft with unmanned effectors, maritime patrol aviation where the prospect of replacing the German Orions and the French Atlantiques 2 did not motivate Germany to anything other than to buy five American P-8 aircraft. This, we are asked to believe, is just an interim solution, but an interim solution costing €800 per aircraft looks very much like a permanent one.

What is happening with the Tiger?

Germany does not want to join the development of the modernized Mark 3 version of this helicopter, even though it has been a long bilateral cooperation project dating back to 1975. The Tiger is a remarkable machine, having modern and effective components (optronic sight, helmet-mounted sight, etc.), high-performance weapons (30mm cannon, rockets, anti-tank missiles - Hellfire on the French side – and the Mistral air-to-air missile.

The French versions of this helicopter are "combat proven" (in Afghanistan and the Sahel), unlike the German version. The Tiger Mark 3 would replace the Mistral missile with a new missile, the Hellfire with a new Haut de Forme variant of the medium-range land missile (MMP), and their integration into the French Army’s new Scorpion information system. Scorpion SICS, the digital network of the French Army's combat capabilities, is the backbone of its future combat capabilities, which must evolve to adapt to the high intensity combat now anticipated by the Chief of Staff of the Armed Forces.

But this modernization does not interest Germany, apparently because there is little room for German industry. Moreover, it is claimed that availability of the German Tigers is poor, and that it is therefore a waste of money to modernize them.

It is true that the availability of German Tigers is significantly lower than that of French aircraft. But what is certain, seen from the French side, is that while the availability of the Tigre has not been fully satisfactory, it is improving significantly. And, more importantly, the Tigre has proved to be an essential tool in the Sahel.

And that brings us back to the constant imbalance in Franco-German armaments cooperation: the French use their equipment on operations, in the field, unlike the German forces. This leads to major differences in the assessment of operational requirements and in equipment sustainment.

And the rumors circulating about Germany's request for information on the American Apache imply that the Bundeswehr, instead of tackling the problem of availability, would rather see it go away by relying, once again, on the acquisition of American equipment, even though its per flight hour is very high, and whose deployment on combat operations would certainly be subject to reservations or even American decisions.

Is this the way to strengthen a Europe of defense, or even to strengthen the European pillar in NATO? Obviously the French and German visions on the matter do not converge.

The German decision not to participate in Mark 3 upgrade of Tiger will have important consequences for the French Army: as development costs would no longer be shared, the number of Tigers it will be able to modernize will decrease within a constant budget. We all know there is little wriggling room in France’s constrained program law, even despite the increase in annual budgets. This implies that the operational value of the French Tigre fleet will decrease. To use terminology currently in vogue at the Ministry of the Armed Forces, this is called a "temporary" reduction in capability.

It is probable that the German refusal, beyond the question of the Tigre’s availability rates, is due to the fact that the Tiger Mark 3 does not give a major role to German industry. It is certain that the probable withdrawal of Germany from the Tiger Mark 3 - we do not see the future government coalition going back on this point - should encourage us, if necessary, to review the conditions for armaments cooperation in general, and in particular on the MGCS and SCAF programs.

It is clear that there cannot be any guarantee of on the part of Germany as to its long-term participation to the successive upgrades that mark the life of a complex airborne or ground weapons system. But without such an evolution, a weapon system can degrade very quickly.

This, in addition to other considerations, must lead us to reconsider the SCAF and MGCS programs and the way they should be pursued, but we will revisit this issue.

-ends-

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